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Biographie et présentation par Michaël de Jaham Lorsque Stéphane Gemmani a vu le jour, il avait déjà deux dents. Personne ne sait contre qui et pourquoi la nature l’avait doté de cet aspect incisif, mais il était armé pour mordre…

Biographie et présentation par Michaël de Jaham Lorsque Stéphane Gemmani a vu le jour, il avait déjà deux dents. Personne ne sait contre qui et pourquoi la nature l’avait doté de cet aspect incisif, mais il était armé pour mordre…

Biographie et présentation par Michaël de Jaham

Lorsque Stéphane Gemmani a vu le jour, il avait déjà deux dents. Personne ne sait contre qui et pourquoi la nature l’avait doté de cet aspect incisif, mais il était armé pour mordre la vie à pleine dent et c’est ce qu’il a fait.

Trente deux dents plus tard et surtout presque 20 ans après ce 20 février 1971, il était devenu évident qu’il s’agissait surtout d’une forme de défense. Personne ne pensait se tromper en lui prédisant des études de travailleur social afin de venir en aide et protéger ses semblables.

Pourtant, c’est vers les machines qu’il se tourne après le collège en effectuant un brevet d’étude professionnel « d’agents des services administratifs et informatique » .

Il poursuit ses études par un bac professionnel « vente et représentation » en alternance puis un brevet de technicien supérieur en « action commerciale trilingue ». Pour couronner ces études purement « sociales », il effectue deux ans dans la finance.

Son engagement humain date de ses 12 ans, mais c’est dans ses premières années d’étude et ce va et vient incessant entre le monde professionnel et le monde associatif qu’il a forgé une vision particulière de l’humanitaire emprunte de pragmatisme et de cœur. Il en découle depuis toujours, la volonté de gérer une association avec la rigueur d’une entreprise.

Privé comme Maxime le Forestier de ce frère qu’il n’a jamais eu, il a très tôt décidé de se venger en considérant que tous les hommes étaient des frères, ses frères. Cette ambition familiale se nourrit aussi des origines de Stéphane et de sa double nationalité franco san-marinaise qui l’a rapidement confronté au monde et développé en lui la conviction d’appartenir à un tout.

C’est à ce titre qu’il développe un courant « jeune » au sein de l’association des san-marinais de Grenoble, concept qui sera repris par d’autres communautés (américaine, Argentine, Italienne…)

Travailleur impénitent, les engagements citoyens de Stéphane n’ont pour seule limite que son travail (le vrai) et sa famille.

Cliquez-ici pour accéder au Blog-Notes de Stéphane GEMMANI…

Cela peut surprendre mais ce temps plein humanitaire ne nourrit pas son homme et c’est dans le magasin familial, au sein des Halles Sainte Claire à Grenoble, que Stéphane passe sa journée de travail. Volailler de père en fils pourrait on dire ; puisque c’est avec Gilles son père qu’il officie tous les jours, du mardi au dimanche.

Mais sa famille reste toujours sa seule et principale priorité ; il y consacre toute son attention..

Souvent, il souhaiterait que ses journées durent 48 h tant il aimerait consacrer encore un peu plus de temps à ses 2 enfants, Leeloo et Michaël et à sa compagne Marie-Laure.

C’est en 1991 que son projet associatif se dessine. Il revient du Togo où il vient d’acheminer du matériel d’obstétrique et retient de cette distance la proximité du malheur humain. Pourquoi aller si loin alors qu’ici, tout est encore à faire…

Le 7 février 1992 il crée statuairement l’association « Stéphane Gemmani ». Ce choix éponyme n’est pas le reflet d’un ego surdimensionné. Il veut porter ce projet dans ce qu’il a d’ambitieux mais aussi dans les risques et désagréments qu’il pourrait susciter. L’association a un nom, elle a aussi une devise :

« Celui qui se dérobe à l’action trouve des excuses. Celui qu se voue à l’action trouve des moyens ».

Et des moyens, il n’en a pas…

C’est donc la vielle R5 familiale qui lui sert de véhicule d’intervention, avec pour seul moteur, son cœur.

Il arpente les rues de Grenoble innovant le concept d’un SAMU social qui ne sera « inventé » que deux ans plus tard à Paris. Il découvre l’exclusion, les exclusions tant les souffrances sont multiples.

Très vite, le véhicule prendra le nom de VINCI (Véhicule d’Intervention Contre l’Indifférence), en clin d’œil au célèbre léonard à qui Stéphane voue une vraie passion.

Au véhicule succède enfin un lieu, une niche où les SDF peuvent trouver un peu de chaleur humaine, et un repas chaud. Ce sera le CODEX (Centre Ouvert aux Défavorisés et aux Exclus), Léonard encore.

Les besoins sont énormes et ce lieu sera à tour de rôle un resto, un abri, un centre de distribution alimentaire, une cave aux vêtements…

Toujours situé dans le quartier Berriat St Bruno, ce local est maintenant un incontournable des SDF grenoblois qui y trouvent nourriture et réconfort.

Que de chemins parcourus depuis 1992, et que de moyens trouvés et mis en œuvre. Du premier véhicule improvisé aux deux VINCI Kangoo équipés pour la maraude ; Stéphane a trouvé des moyens pour son action, mais jamais assez à son goût.

Il n’est plus seul non plus, et de nombreux bénévoles sont durablement engagés dans la structure.

Atypique dans son parcours et porc épique pour les institutions, son combat ne s’arrête pas à la rue. Après tant d’années, il n’a rien perdu de sa capacité d’indignation et participe en trouble fêtes aux réunions des partenaires du secteur social dont le discours lénifiant et souvent partisans ne lassent de l’énerver.

Il interpelle également souvent les « politiques » afin d’attirer leur attention sur les difficultés qu’il rencontre dans son action et leur faire des propositions en tant qu’acteur de terrain. A ce titre ils sont régulièrement invités à tourner avec le VINCI, mais les volontaires se font rares…

… avec Madame Jeannie LongoCe caractère de fonceur impénitent ne pouvait que plaire à Jeannie LONGO et dès 1996, elle devient marraine de l’association à laquelle elle apporte depuis un soutien sans faille.

… avec sa Sainteté le Dalaï LamaCette philosophie humaniste et universelle a depuis toujours poussé Stéphane à s’intéresser au sort du peuple tibétain en exil. Il a d’ailleurs rencontré sa sainteté le Dalaï Lama a plusieurs reprises et parraine deux enfants tibétains depuis plusieurs années.

… avec le Docteur Emmanuelli

Il partage également une vision commune avec Xavier Emmanuelli, fondateur du Samu Social parisien et ancien Ministre, qu’il a rencontré régulièrement.

En 2005, et depuis plusieurs années le VINCI est un partenaire incontournable du 115 et fait partie du système de veille sociale. Stéphane Gemmani a pérennisé son association et cherche maintenant de nouveaux moyens d’action. Dans cette optique il avait présenté sa candidature aux élections législatives de 1997.

Il considère que la politique a une mauvaise image à cause des hommes qui sont en fonction.

Pour Stéphane, l’action politique doit être pure et ambitieuse ; elle relève plus du sacerdoce que de la carrière, on doit donc la considérer comme pourvoyeuse de moyens d’action pour les autres et non pas de moyens financiers pour soi. C’est ainsi que sa vision pourrait se résumer en une phrase : « nous sommes là pour servir et non pas pour se servir ».

3 questions à Stéphane GEMMANI…

« La politique souffre d’une mauvaise image. Comment concevez vous votre engagement »

«L’action politique a été et est toujours galvaudée par certains.

Mais il ne faut pas se cacher derrière « un tous pareils, tous pourris », car en délaissant la politique, on est pas plus responsable que ces élus que l’on a tendance à rejeter ou à décrier.

On a les représentants que l’on mérite, surtout si l’on ne s’exprime pas quand l’occasion se présente.

Voter est un devoir plus qu’un droit.

Quand on ne sait plus pour qui voter, que l’on ne se reconnaît pas dans les femmes ou les hommes qui se présentent à nous, c’est qu’il est temps de s’engager.

Pour moi, l’action politique n’est que le prolongement de ma vie citoyenne. Je me suis déjà exprimé sur ce terrain en 1997 lors des législatives en étant candidat sans étiquette sur la 3ième circonscription de l’Isère, ou lors des dernières municipales en tant que colistier « société civile » de Max MICOUD»

« Que manque t’il à la politique aujourd’hui ? »

«L’esprit d’entreprise, la clairvoyance, le culot. La politique est plate, sans aucune volonté créative, ni de projection dans l’avenir.

C’est une vision à la petite semaine. Une élection passée, on songe dès le lendemain à la prochaine. Tout le monde veut gouverner, mais peu de personnes veulent être citoyen.

Où est donc passé l’esprit démocratique qui mettait au premier plan l’intérêt collectif, et non pas l’intérêt personnel.

Celui qui est amené à décider doit le faire sans à priori, sans céder à tel ou tel lobby, et sans carcan idéologique étouffant mais en ayant bien conscience de l’ensemble des enjeux.

Cet état d‘esprit se résume dans une phrase de Pierre Mendès France :

« Le devoir d’un responsable ne consiste pas à louvoyer, à ménager sans cesse les uns et les autres, en sacrifiant ainsi l’intérêt de la collectivité toute entière.

Il exige des choix, des déterminations claires, avec la volonté de s’y tenir dans l’opposition comme au pouvoir »

« En quoi la politique peut elle être un plus dans votre action ? »

«Lorsque je me suis engagé dans le militantisme associatif, je ne me suis pas imposé de limites quant à mes objectifs ; car je considère que l’action doit se doter de moyens et non d’excuses.

De plus, la société étant en perpétuelle mutation, si l’on ne prête pas attention à ses évolutions, l’activité se sclérose, et perd de son efficacité.

Mais la démarche associative a ses limites et la politique est un moyen supplémentaire de compléter et de faire avancer différemment des projets.

L’action politique, c’est aussi un état d’esprit, une certaine idée de la vie.

S’il y a du temporel dans la vie, il y a du spirituel dans l’engagement.

C’est dans le Gaullisme social que je puise mes bases idéologique et j’ai souvent fait mienne cette maxime du Général De Gaulle :

« En notre temps, la seule querelle qui vaille est celle de l’homme ».

…. et

[Son engagement|/static/Engaments|fr]

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