{"id":2826,"date":"2005-09-27T13:20:00","date_gmt":"2005-09-27T11:20:00","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/la-ligne-de-crete\/?p=2826"},"modified":"2005-09-27T13:20:00","modified_gmt":"2005-09-27T11:20:00","slug":"2005-09-27-sylvie-testud-une-rencontre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/iserois.es\/2005-09-27-sylvie-testud-une-rencontre\/","title":{"rendered":"Sylvie Testud : Une rencontre"},"content":{"rendered":"<div class=\"entry-excerpt\"><strong><p>Lors de l\u2019\u00e9mission du 12\/14 de ce mardi 27 septembre 2005, j\u2019ai eu l\u2019honneur et le privil\u00e8ge de partager quelques moments dans les coulisses et sur le plateau avec Sylvie Testud, venant pr\u00e9senter la pi\u00e8ce qu\u2019elle incarne et joue actuellement au Th\u00e9\u00e2tre de la Croix Rousse : La piti\u00e9 dangereuse\u2026<\/p><\/strong><\/div>\n\n<p>\r<br>    <figure class=\"wp-block-image aligncenter\">\r<br>        <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/iserois.es\/wp-content\/uploads\/gemmani-sylvietestud.jpg\" alt=\"OLYMPUS DIGITAL CAMERA\" \/>\r<br>        <figcaption>OLYMPUS DIGITAL CAMERA<\/figcaption>\r<br>    <\/figure>\r<br>    \r<br>\u00a0\u00bb<strong>Avec Sylvie Testud dans les coulisses du plateau du 12\/14 de France 3 Rh\u00f4ne Alpes Auvergne<\/strong>\u00a0\u00bb \r<\/p><p>Quel bonheur qu\u2019une actrice aussi dou\u00e9e que <strong><a href=\"http:\/\/iserois.es\/tag\/sylvie\" class=\"tag-link\">Sylvie<\/a><\/strong> <strong><a href=\"http:\/\/iserois.es\/tag\/testud\" class=\"tag-link\">Testud<\/a><\/strong> incarne cette dualit\u00e9 touchante&#8230; L\u2019enfant de Lyon ne finit jamais de cr\u00e9er la surprise. Alors qu\u2019elle a trouv\u00e9 une reconnaissance \u00e9minemment populaire avec deux C\u00e9sars &#8211; l\u2019un comme Espoir dans Les Blessures assassines de Jean-Pierre Denis, l\u2019autre comme Meilleure actrice dans Stupeur et Tremblements d\u2019Alain Corneau \u2013 elle revient \u00e0 ses premi\u00e8res amours, celles du th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 elle a d\u00e9but\u00e9, avec la folie et la sinc\u00e9rit\u00e9 qu\u2019on lui conna\u00eet. Une nouvelle aventure comme une chance, un cadeau offert \u00e0 tous ceux qui ne se lassent jamais de sa justesse naturelle, troublante et d\u00e9licate. \r<\/p><p>Voici l\u2019histoire : 1913. Une petite ville de garnison autrichienne. Anton, jeune officier de cavalerie, est invit\u00e9 au ch\u00e2teau du fortun\u00e9 Kekesfalva. Par m\u00e9garde, il invite \u00e0 danser sa fille, Edith, qui est paralys\u00e9e. Tentant de r\u00e9parer sa maladresse, il multiplie faveurs et visites l\u00e0 o\u00f9 la jeune femme se prend \u00e0 imaginer l\u2019amour. Piti\u00e9 et d\u00e9sir se heurtent dans cette danse mortelle, bouleversante adaptation de Philippe Faure du seul roman de Stefan Zweig. \r<\/p><p>Stefan Zweig \u00e9crit La Piti\u00e9 dangereuse alors qu\u2019il conna\u00eet les ravages de la Premi\u00e8re Guerre mondiale et qu\u2019il re\u00e7oit en plein c\u0153ur les signes alarmants de la seconde. N\u00e9 \u00e0 Vienne, en 1881, dans une famille de la grande bourgeoisie isra\u00e9lite, l\u2019auteur voit en effet ses livres br\u00fbl\u00e9s \u00e0 Berlin d\u00e8s 1933. Le roman para\u00eet en 1938, impr\u00e9gn\u00e9 des angoisses et regrets de celui qui regarde le ciel europ\u00e9en s\u2019obscurcir de d\u00e9mons plus sombres encore qu\u2019entre 1914 et 1918. La Piti\u00e9 dangereuse est donc bien l\u2019\u0153uvre d\u2019un d\u00e9chirement, celui d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 en proie \u00e0 l\u2019agonie, mais aussi celui de personnages rong\u00e9s par l\u2019impuissance et la culpabilit\u00e9. Philippe Faure a per\u00e7u dans cette \u0153uvre saisissante la force des grandes pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre : il fallait l\u2019adapter pour la sc\u00e8ne, conf\u00e9rer \u00e0 cette histoire d\u2019amour impossible la dimension palpable et poignante des grandes trag\u00e9dies. Apr\u00e8s Th\u00e9r\u00e8se Raquin, L\u2019Ecume des jours ou Les Liaisons dangereuses, il s\u2019est replong\u00e9 dans l\u2019univers de l\u2019adaptation, avec l\u2019audace et la finesse qui l\u2019ont men\u00e9 \u00e0 retravailler d\u2019immenses fresques romanesques sans jamais trahir leur intensit\u00e9 dramatique, leur esth\u00e9tique, leurs enjeux. \r<\/p><p>Personnage impulsif, aux nuances passionnantes, Edith est ambivalente, accabl\u00e9e par son handicap, une aigreur secr\u00e8te, mais mue par une force de vie, un courage incomparables. La rencontre d\u2019Anton et d\u2019Edith, jeune infirme, est scell\u00e9e dans la vaste salle du ch\u00e2teau de Monsieur Kekesfalva. Cet espace impressionnant, aux pans toujours pr\u00eats \u00e0 laisser entrevoir de nouvelles pi\u00e8ces, accueille ainsi les \u00e9changes de celui qui est aim\u00e9 \u00e0 son insu et de celle qui s\u2019\u00e9prend aveugl\u00e9ment. L\u2019ambigu\u00eft\u00e9 des sentiments, l\u2019\u00e9preuve de soi et du regard de l\u2019autre, traversent leurs rendez-vous et les condamnent \u00e0 se perdre eux-m\u00eames, au rythme des valses de Strauss, des notes de Gluck ou Mozart. Philippe Faure entra\u00eene les personnages de Zweig dans un ballet cruel et myst\u00e9rieux, o\u00f9 les mots sont fragiles, les secrets gard\u00e9s, les confidences \u00e9mues et douloureuses. Roman nocturne, La Piti\u00e9 dangereuse appelle le monde de la p\u00e9nombre, de l\u2019indistinction. Et s\u2019il faut cette discr\u00e9tion pour laisser le doute s\u2019\u00e9panouir, les fantasmes se lib\u00e9rer, c\u2019est aussi au grand jour qu\u2019Edith assumera son destin, \u00e9prouvera sa libert\u00e9, se hissant au digne rang des h\u00e9ro\u00efnes tragiques. Eternelles et solitaires.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lors de l\u2019\u00e9mission du 12\/14 de ce mardi 27 septembre 2005, j\u2019ai eu l\u2019honneur et le privil\u00e8ge de partager quelques moments dans les coulisses et sur le plateau avec Sylvie Testud, venant pr\u00e9senter la pi\u00e8ce qu\u2019elle incarne et joue actuellement au Th\u00e9\u00e2tre de la Croix Rousse : La piti\u00e9 dangereuse\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_eb_attr":"","footnotes":""},"categories":[1209],"tags":[1254,1255],"class_list":["post-2826","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-coup-de-coeur","tag-sylvie","tag-testud"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/iserois.es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2826","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/iserois.es\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/iserois.es\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/iserois.es\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/iserois.es\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2826"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/iserois.es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2826\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/iserois.es\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2826"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/iserois.es\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2826"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/iserois.es\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2826"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}