{"id":3075,"date":"2008-01-15T21:44:00","date_gmt":"2008-01-15T20:44:00","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/la-ligne-de-crete\/?p=3075"},"modified":"2008-01-15T21:44:00","modified_gmt":"2008-01-15T20:44:00","slug":"2008-01-09-lurgence-sociale-comme-methode-dintervention-les-ccas-et-lurgence-sociale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/iserois.es\/2008-01-09-lurgence-sociale-comme-methode-dintervention-les-ccas-et-lurgence-sociale\/","title":{"rendered":"Les C.C.A.S et l&rsquo;urgence sociale"},"content":{"rendered":"<div class=\"entry-excerpt\"><strong><p>En attendant le compte rendu <strong>sur les \u00c9tats G\u00e9n\u00e9raux de la F\u00e9d\u00e9ration nationale des Samusociaux<\/strong>, voici \u00ab\u00a0<strong>une<\/strong>\u00a0\u00bb des r\u00e9flexions de cette journ\u00e9e du 9 janvier dernier, que nous avons \u00e9chang\u00e9 avec certains responsables communaux de l&rsquo;action sociale pr\u00e9sents.<\/p><\/strong><\/div>\n\n<p>\r<br>    <figure class=\"wp-block-image aligncenter\">\r<br>        <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/iserois.es\/wp-content\/uploads\/2008\/.etatgeneraux_m.jpg\" alt=\"Xavier Emmanuelli et St\u00e9phane Gemmani\" \/>\r<br>        <figcaption>Xavier Emmanuelli et St\u00e9phane Gemmani<\/figcaption>\r<br>    <\/figure>\r<br>    \r<\/p><p><h4>La probl\u00e9matique des petites communes<\/h4><\/p><p>Un des points les plus frappants concerne l\u2019intensit\u00e9 avec laquelle les \u00ab petites \u00bb communes, c\u2019est-\u00e0-dire celles de moins de 5 000 habitants, s\u2019av\u00e8rent concern\u00e9es par les ph\u00e9nom\u00e8nes et situations d\u2019urgence sociale. Non pas que le nombre de ces situations soit plus important que pour les autres cat\u00e9gories de villes (il est m\u00eame inf\u00e9rieur), non pas que les th\u00e9matiques ou probl\u00e8mes soient radicalement diff\u00e9rents (il peuvent parfois diverger mais se recoupent g\u00e9n\u00e9ralement), mais les termes dans lesquels ces probl\u00e8mes se posent accentuent l\u2019acuit\u00e9 du ph\u00e9nom\u00e8ne. Grossi\u00e8rement r\u00e9sum\u00e9, on peut dire que les probl\u00e8mes sont grosso modo les m\u00eames mais les probl\u00e9matiques diff\u00e9rentes. De par la faiblesse (ou absence) de structures et moyens sur place, les probl\u00e8mes se posent avec une intensit\u00e9 toute particuli\u00e8re qui laisse tr\u00e8s peu de \u00ab marge de man\u0153uvre \u00bb aux intervenants sociaux locaux. D\u2019autre part, l\u2019\u00e9lu en charge des affaires sociales se retrouve souvent directement concern\u00e9 et impliqu\u00e9 puisque sollicit\u00e9 par les habitants qui, du fait de la proximit\u00e9, le connaissent et le c\u00f4toient r\u00e9guli\u00e8rement. Ne b\u00e9n\u00e9ficiant pas d\u2019une interface structurelle ou institutionnelle comme dans les communes plus cons\u00e9quentes (CCAS organis\u00e9 autour d\u2019un personnel, d\u2019une structure d\u2019accueil\u2026), il doit r\u00e9pondre personnellement aux sollicitations qui sont ou directement formul\u00e9es (par la personne elle-m\u00eame) ou indirectement explicit\u00e9es (par le voisinage, les habitants ou les associations). La distinction fondamentale personne\/fonction (distinction qui permet de prot\u00e9ger l\u2019intervenant relativement \u00e0 la sph\u00e8re priv\u00e9e) est difficilement per\u00e7ue et assur\u00e9e positionnant ainsi l\u2019\u00e9lu dans une posture qui peut s\u2019av\u00e9rer parfois difficile ou d\u00e9licate \u00e0 g\u00e9rer.\r<\/p><p><h4>La question de la r\u00e9partition des structures.<\/h4><\/p><p>D\u00e9coulant de ce qui a \u00e9t\u00e9 dit pr\u00e9c\u00e9demment relativement aux \u00ab petites \u00bb communes, les structures permettant de r\u00e9pondre aux diverses situations d\u2019urgence semblent mal r\u00e9parties. Elles se concentrent g\u00e9n\u00e9ralement dans les villes plus cons\u00e9quentes et paraissent ignorer les zones plus recul\u00e9es ou rurales. Ce qui pourrait appara\u00eetre relever d\u2019une certaine logique ou \u00e9vidence (d\u00e9mographique, \u00e9conomique ou logistique notamment) se r\u00e9v\u00e8le en fait lourd de cons\u00e9quence puisque derri\u00e8re la question de la r\u00e9partition se pose celle de g\u00e9ographique des demandeurs \u00bb), il convient d\u2019engager des moyens et modes d\u2019action qui respectent, et se fondent sur, ces territoires. Les \u00e9tablissements publics de coop\u00e9ration intercommunale (communaut\u00e9s de communes notamment) paraissent constituer des ressorts pertinents puisque correspondant \u00e0 de r\u00e9els bassins de vie.\r<\/p><p><h4>La question de la mutualisation des comp\u00e9tences et moyens d\u2019action.<\/h4><\/p><p>Raisonner en terme de territoires d\u2019action et d\u2019intervention revient \u00e0 se poser la question de la coop\u00e9ration, du travail en partenariat et de la mutualisation des comp\u00e9tences et moyens d\u2019action. Cette modalit\u00e9 d\u2019intervention semble relever toutefois d\u2019une \u00ab culture de travail \u00bb tr\u00e8s in\u00e9galement partag\u00e9e et qui d\u00e9pend beaucoup de la formation, culture, exp\u00e9rience, \u00ab philosophie \u00bb des acteurs locaux. Il para\u00eet cependant int\u00e9ressant de noter qu\u2019un certain nombre de communes de moins de 5 000 habitants \u2013 peut-\u00eatre du fait de la faiblesse des moyens dont elles disposent \u2013 ont pens\u00e9 et engag\u00e9 de v\u00e9ritables partenariats, et avec les structures associatives, et avec les structures institutionnelles (gendarmerie, AS de secteur\u2026), et avec d\u2019autres communes et CCAS. Il existe d\u2019ailleurs sur ce point des similitudes (toute proportion gard\u00e9e bien entendu) entre les fa\u00e7ons dont les CCAS de \u00ab petites \u00bb communes con\u00e7oivent leur travail et celles des plus \u00ab grandes \u00bb.\r<\/p><p>Globalement, cette approche et conception de l\u2019action sociale s\u2019av\u00e8re beaucoup plus qu\u2019un partage de comp\u00e9tences : elle renvoie \u00e0 toute une division du travail et permet un \u00e9change de savoir, savoir-faire et savoir-\u00eatre qui rendent l\u2019intervention plus pertinente comme plus efficiente.\r<\/p><p><h4>La question du r\u00e9f\u00e9rent ou de la personne ressource.<\/h4><\/p><p>Li\u00e9e d\u2019une certaine fa\u00e7on \u00e0 la question du partenariat et de la mutualisation, celle du r\u00e9f\u00e9rent ou du coordinateur. Lorsque plusieurs structures interviennent sur une m\u00eame personne, du fait de la faiblesse du travail en partenariat, on peut assister \u00e0 plusieurs suivis en parall\u00e8le sans qu\u2019il n\u2019y ait de v\u00e9ritable \u00ab pilote \u00bb de la situation. Il n\u2019est ainsi pas rare de voir pl\u00e9thore de structures et d\u2019intervenants travailler sur un m\u00eame dossier sans qu\u2019un r\u00e9el travail de concertation soit men\u00e9 : chacun travaille et intervient \u00ab dans son coin \u00bb et il n\u2019y pas de mise en commun des actions men\u00e9es ni \u00e9laboration r\u00e9guli\u00e8re de bilans ou \u00e9valuations. L\u2019existence d\u2019une personne ressource ou d\u2019un coordinateur permettrait certainement dans de nombreux cas, de clarifier (aupr\u00e8s du b\u00e9n\u00e9ficiaire) l\u2019action sociale engag\u00e9e, de lui donner du sens et plus de lisibilit\u00e9. Cela permettrait \u00e9galement d\u2019\u00e9viter des actions en doublon et de rendre le travail engag\u00e9 plus rigoureux.\r<\/p><p><h4>La question de la r\u00e9activit\u00e9 des services.<\/h4><\/p><p>Autre constat qui revient souvent : le probl\u00e8me de la r\u00e9activit\u00e9 des services. De par la\r<br>pluralit\u00e9 des intervenants, l\u2019imbrication et empi\u00e9tement des actions, la confusion et le\r<br>manque de lisibilit\u00e9 des comp\u00e9tences de chacun, des situations ne sont pas toujours prises \u00e0 temps et sont trait\u00e9es quand les manifestations du probl\u00e8me sont les plus visibles, c\u2019est \u00e0 dire quand la personne est en situation d\u00e9licate. Ce manque de r\u00e9activit\u00e9 et\/ou de l\u2019adaptation. Nombre des intervenants sociaux de petites communes ont ainsi insist\u00e9 sur le fait que les structures pr\u00e9sentes dans les grandes villes \u00e9taient inadapt\u00e9es aux probl\u00e9matiques auxquelles ils sont confront\u00e9s. Il ne s\u2019agit donc pas seulement d\u2019un probl\u00e8me quantitatif mais aussi qualitatif, c\u2019est-\u00e0-dire prendre en compte les probl\u00e8mes l\u00e0 o\u00f9 ils se posent et dans les termes, contextes, fa\u00e7ons dont ils se posent.\r<\/p><p><h4>La question de la d\u00e9limitation des territoires d\u2019action et d\u2019intervention<\/h4><\/p><p>Cette question de la r\u00e9partition\/adaptation des structures renvoie \u00e0 une autre : celle de la d\u00e9limitation des territoires d\u2019action et d\u2019intervention. Un des \u00e9l\u00e9ments qui ressort en effet des divers entretiens et rencontres avec les CCAS, c\u2019est qu\u2019il faut raisonner relativement aux espaces de pratiques et de vie des personnes. Ces espaces \u00e9tant g\u00e9n\u00e9ralement assez circonscrits, comme l\u2019a d\u2019ailleurs montr\u00e9 le questionnaire (cf., le paragr souplesse des dispositifs peut ainsi engendrer des situations d\u2019urgence. Car, aussi paradoxal que cela puisse para\u00eetre, les services sociaux peuvent, eux-m\u00eames, cr\u00e9er ou en tout cas \u00eatre \u00e0 l\u2019origine de traitement en urgence du fait de leur inertie ou pesanteur.\r<\/p><p><h4>La question de l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 de la r\u00e9ponse mat\u00e9rielle.<\/h4><\/p><p>Dernier \u00e9l\u00e9ment r\u00e9current constat\u00e9 : la pr\u00e9dominance de la r\u00e9ponse mat\u00e9rielle aux diverses sollicitations effectu\u00e9es. Tr\u00e8s souvent lorsque un probl\u00e8me est soumis, c\u2019est d\u2019abord et avant tout la recherche d\u2019une r\u00e9ponse \u00ab concr\u00e8te \u00bb qui est mise en oeuvre et propos\u00e9e. Il est vrai que la plupart du temps la demande est formul\u00e9e sur ce mode (logement, argent\u2026), or le probl\u00e8me r\u00e9el peut se situer ailleurs. Ainsi, si on r\u00e9pond dans l\u2019urgence en terme mat\u00e9riel \u00e0 une demande formul\u00e9e sur ce mode, on peut passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du v\u00e9ritable probl\u00e8me de la personne.\r<\/p><p>Cela renvoie donc \u00e0 un autre aspect, celui du diagnostic. Derri\u00e8re en effet la pluralit\u00e9 des situations, la disparit\u00e9 des publics, probl\u00e8mes, r\u00e9alit\u00e9s, un \u00e9l\u00e9ment r\u00e9current semble se poser, et ce que ce soit pour l\u2019\u00e9lu, le technicien du secteur social ou le \u00ab polyvalent \u00bb, la petite commune ou la grande agglom\u00e9ration : la difficult\u00e9 d\u2019\u00e9valuer la demande afin de savoir si elle rev\u00eat ou non un caract\u00e8re d\u2019urgence.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En attendant le compte rendu <strong>sur les \u00c9tats G\u00e9n\u00e9raux de la F\u00e9d\u00e9ration nationale des Samusociaux<\/strong>, voici \u00ab\u00a0<strong>une<\/strong>\u00a0\u00bb des r\u00e9flexions de cette journ\u00e9e du 9 janvier dernier, que nous avons \u00e9chang\u00e9 avec certains responsables communaux de l&rsquo;action sociale pr\u00e9sents.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_eb_attr":"","footnotes":""},"categories":[1211],"tags":[1606,1239,1240,1230,1242,1244,1315],"class_list":["post-3075","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-reflexions","tag-c-c-a-s","tag-defavorises","tag-exclusion","tag-grenoble","tag-misere","tag-sociale","tag-urgence"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/iserois.es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3075","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/iserois.es\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/iserois.es\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/iserois.es\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/iserois.es\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3075"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/iserois.es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3075\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/iserois.es\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3075"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/iserois.es\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3075"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/iserois.es\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3075"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}