{"id":3628,"date":"2026-01-28T10:48:00","date_gmt":"2026-01-28T09:48:00","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/la-ligne-de-crete\/?p=3628"},"modified":"2026-01-28T10:48:00","modified_gmt":"2026-01-28T09:48:00","slug":"2026-01-28-je-suspends-mes-fonctions-parce-que-je-reste-socialiste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/iserois.es\/?p=3628","title":{"rendered":"Je suspends mes fonctions parce que je reste socialiste"},"content":{"rendered":"<div class=\"entry-excerpt\"><strong><p>Ch\u00e8res et chers camarades,\r<\/p><p>\u00c0 l\u2019heure des messages courts et des pens\u00e9es h\u00e2tives, ce texte peut sembler long. Et il l\u2019est. Mais ce que j\u2019ai \u00e0 dire ne tient pas dans un soupir. Il a besoin d\u2019espace pour rester juste.<\/p><\/strong><\/div>\n\n<p>\r<br>    <figure class=\"wp-block-image aligncenter\">\r<br>        <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/iserois.es\/wp-content\/uploads\/2026\/.AmitiesSocialiste_m.jpg\" alt=\"\" \/>\r<\/p><p>    <\/figure>\r<br>    \r<\/p><p>Je sais bien que ma lecture du moment n\u2019est pas la seule possible. J\u2019accepte l\u2019id\u00e9e de me tromper, d\u2019\u00eatre contredit, d\u00e9plac\u00e9. Je n\u2019ai jamais craint la confrontation loyale. Mais je refuse une politique r\u00e9duite \u00e0 la seule technique, aux seuls \u00e9quilibres, aux seuls calculs d\u2019int\u00e9r\u00eats. La politique n\u2019est pas qu\u2019un m\u00e9canisme : elle est aussi une boussole. Elle exige parfois de s\u2019arr\u00eater, de penser en profondeur, presque philosophiquement, ce qui est en train de se jouer. Et si ce texte est long, c\u2019est parce que je crois encore que le sens m\u00e9rite plus qu\u2019un mode d\u2019emploi.\r<\/p><p>Il est des moments o\u00f9 continuer sans rien dire revient d\u00e9j\u00e0 \u00e0 s\u2019effacer. O\u00f9 rester tel quel devient une mani\u00e8re de se renier.\r<\/p><p>Ce texte na\u00eet de ce seuil-l\u00e0.\r<\/p><p>Je n\u2019\u00e9cris pas cette lettre sous le coup de la col\u00e8re. Je l\u2019\u00e9cris avec gravit\u00e9, avec tristesse surtout, mais avec la n\u00e9cessit\u00e9 intime de rester fid\u00e8le \u00e0 moi-m\u00eame.\r<\/p><p>La vie est trop courte pour se renier. Nous ne sommes pas \u00e9ternels, et je ne suis pas ici pour me trahir, ni pour trahir la m\u00e9moire de celles et ceux qui m\u2019ont \u00e9lev\u00e9 dans un certain cadre moral, affectif et politique. Je pr\u00e9f\u00e8re dire les choses telles qu\u2019elles sont, qu\u2019elles soient entendues ou non, qu\u2019elles laissent ou non une trace ; un l\u00e9ger courant d\u2019air dans une pi\u00e8ce trop close. Je n\u2019en sais rien. Mais je sais une chose : je ne veux pas me mentir.\r<\/p><p><h1><strong>Dire plut\u00f4t que se renier<\/strong><\/h1><\/p><p>Si j\u2019ai accept\u00e9 d\u2019entrer au Parti socialiste, c\u2019est parce que j\u2019y voyais un espace o\u00f9 mon parcours pouvait trouver sa place et son sens : un lieu o\u00f9 l\u2019exigence morale pouvait rencontrer l\u2019action concr\u00e8te, o\u00f9 l\u2019h\u00e9ritage d\u2019une gauche humaniste, populaire et r\u00e9publicaine pouvait encore se traduire en actes. J\u2019y suis venu avec ce que je suis, avec mon exp\u00e9rience, mes combats, mes r\u00e9ussites comme mes \u00e9checs. Non pour m\u2019y fondre, mais pour y apporter quelque chose. Pour participer \u00e0 une aventure collective. Pour mettre au service d\u2019un projet commun ce que la vie m\u2019a appris.\r<\/p><p>Tr\u00e8s vite pourtant, je me suis heurt\u00e9 \u00e0 un monde qui n\u2019est pas le mien : querelles internes permanentes, lignes politiques mouvantes au gr\u00e9 des int\u00e9r\u00eats, discours de fa\u00e7ade masquant des arrangements silencieux. Une gauche qui se dit en rupture avec certaines pratiques, mais qui les reproduit avec une redoutable constance.\r<\/p><p>Je pense ici aussi \u00e0 celles et ceux, souvent les plus anciens parmi nous, qui ont appris \u00e0 tenir sans bruit, \u00e0 endurer les d\u00e9saccords par fid\u00e9lit\u00e9, \u00e0 rester malgr\u00e9 tout. Je respecte profond\u00e9ment cette mani\u00e8re d\u2019\u00eatre socialiste. Mais je ne suis pas un de ces rouages dociles des partis ; je ne remplis pas des formulaires d\u2019alignement. Pour moi, un parti vivant n\u2019est ni une chambre d\u2019enregistrement, ni une chambre d\u2019ex\u00e9cution. Dire ce qui ne va pas n\u2019est pas trahir : c\u2019est encore esp\u00e9rer que les choses puissent s\u2019am\u00e9liorer.\r<\/p><p><h1><strong>Ne pas venir du s\u00e9rail<\/strong><\/h1><\/p><p>Je ne viens pas de ce monde-l\u00e0. Je ne suis pas n\u00e9 dans ses codes, je n\u2019en ai pas h\u00e9rit\u00e9 les cl\u00e9s. J\u2019ai appris la politique comme on apprend la vie : sur le terrain, au contact, dans l\u2019\u00e9preuve. J\u2019ai toujours cru que celles et ceux issus des milieux populaires, de parcours discontinus, avaient droit, eux aussi, \u00e0 une parole pleine et libre.\r<\/p><p>Or je d\u00e9couvre trop souvent une politique r\u00e9serv\u00e9e aux initi\u00e9s, \u00e0 celles et ceux qui se reconnaissent entre eux, se cooptent, se prot\u00e8gent, et finissent par se transmettre le monde comme un h\u00e9ritage.\r<\/p><p>Je n\u2019ai jamais su me fondre dans cette m\u00e9canique. Je ne le souhaite pas. Je veux pouvoir dire ce que je suis sans me dissoudre dans une masse qui exige l\u2019effacement pour exister. Car \u00e0 force de n\u2019ouvrir la porte qu\u2019\u00e0 ceux qui en ont d\u00e9j\u00e0 les cl\u00e9s, on finit par exclure tout ce qui pourrait encore la transformer.\r<\/p><p><h1><strong>Un parcours qui d\u00e9range<\/strong><\/h1><\/p><p>On m\u2019a souvent regard\u00e9 comme un corps \u00e9tranger. Non pas pour mes id\u00e9es, mais pour ce que je suis : un homme issu du terrain, qui a cr\u00e9\u00e9, qui s\u2019est tromp\u00e9, qui a \u00e9chou\u00e9 parfois, mais qui a construit, qui a agi.\r<\/p><p>J\u2019ai eu de multiples vies. J\u2019ai fond\u00e9 le Samu social de Grenoble. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 chef d\u2019entreprise. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 adjoint au maire de Grenoble, en charge de l\u2019accessibilit\u00e9 des personnes en situation de handicap, de 2008 \u00e0 2014, aux c\u00f4t\u00e9s de Michel Destot.\r<\/p><p>Je m\u00e8ne depuis des ann\u00e9es des combats difficiles : contre les violences faites aux enfants, contre la p\u00e9docriminalit\u00e9, pour une fin de vie dans la dignit\u00e9, pour toutes et tous les invisibles. Je n\u2019ai pas \u00e0 rougir de mon parcours. Il n\u2019est pas \u00ab sinueux \u00bb, comme certains aiment le dire ; il est vivant.\r<\/p><p><h1><strong>Une mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart qui ne doit rien au hasard<\/strong><\/h1><\/p><p>Ce que je vis aujourd\u2019hui n\u2019est pas in\u00e9dit. J\u2019en ai connu un premier signe fort lors des \u00e9lections r\u00e9gionales. Au second tour, alors que la liste \u00e9tait boucl\u00e9e, on m\u2019a d\u00e9plac\u00e9 sans \u00e9change pr\u00e9alable, sans m\u00eame me demander mon avis. La d\u00e9cision m\u2019a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9e le matin m\u00eame de la fin des n\u00e9gociations.\r<\/p><p>Il s\u2019agissait de lib\u00e9rer une place pour Gabriel Amard, gendre de Jean-Luc M\u00e9lenchon, qu\u2019on ne parvenait pas \u00e0 \u00ab caser \u00bb ailleurs qu\u2019en Is\u00e8re, quitte \u00e0 ce que je ne sois pas \u00e9lu.\r<br>Ce que je vis aujourd\u2019hui \u00e0 Grenoble s\u2019inscrit dans cette continuit\u00e9.\r<\/p><p>Ma candidature interne n\u2019\u00e9tait pas une ambition personnelle. Elle \u00e9tait devenue la seule mani\u00e8re d\u2019entrer en dialogue avec les militantes et militants apr\u00e8s des mois de mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart. J\u2019avais annonc\u00e9 d\u00e8s le premier jour que je me retirerais. Je ne voulais pas \u00eatre le premier des socialistes. Je voulais simplement renouer avec ce Parti.\r<\/p><p>Je me suis retir\u00e9 pour qu\u2019Amandine Germain puisse devenir premi\u00e8re. Je l\u2019ai fait par responsabilit\u00e9, par conviction, mais aussi par loyaut\u00e9. \u00c0 chaque \u00e9tape, au niveau local comme r\u00e9gional, je l\u2019ai d\u00e9fendue. Publiquement. Sans r\u00e9serve. Contre ceux qui la fragilisaient, contre ceux qui la d\u00e9nigraient. J\u2019ai pris des coups pour elle. J\u2019ai port\u00e9 sa l\u00e9gitimit\u00e9. J\u2019ai cru \u00e0 ce qu\u2019elle incarnait.\r<\/p><p>Et pourtant\u2026\r<\/p><p>Ce qui m\u2019est arriv\u00e9 ne sort pas de nulle part. Il y a, derri\u00e8re cette \u00e9viction, une histoire qui \u00e9claire ce que je vis aujourd\u2019hui.\r<\/p><p>Cette mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart n\u2019est pas n\u00e9e d\u2019un malentendu. Elle prend racine dans un choix politique pr\u00e9cis. Elle est intervenue au moment o\u00f9 le Parti socialiste local a fait le non-choix de ne soutenir personne lors des l\u00e9gislatives, tout en laissant, de fait, s\u2019imposer la candidature de la France insoumise, proche de Jean-Luc M\u00e9lenchon, \u00c9lisa Martin, contre laquelle je m\u2019\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent\u00e9 en 2022.\r<\/p><p>Ce silence m\u2019a d\u2019autant plus frapp\u00e9 que, par deux fois, j\u2019avais port\u00e9 ici une parole autonome, rassemblant plus de 8 % des suffrages en 2022 et pr\u00e8s de 9 % en 2024, en \u00e9largissant sensiblement la participation.\r<\/p><p>J\u2019ai alors incarn\u00e9, malgr\u00e9 moi, une ligne qui d\u00e9rangeait. Et je m\u2019\u00e9tonne encore aujourd\u2019hui que celles et ceux qui, en interne, se r\u00e9clament avec le plus de vigueur d\u2019un texte d\u2019orientation du Parti socialiste se disant en hostilit\u00e9 avec les politiques de la France insoumise, aient \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9ment ceux qui ont agi avec le plus de duret\u00e9 \u00e0 mon \u00e9gard, allant jusqu\u2019\u00e0 organiser cette mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart.\r<\/p><p>Cette s\u00e9quence a m\u00eame pris une tournure presque absurde : voir des camarades se dire en rupture avec la France insoumise, tout en agissant, dans les faits, sous la dict\u00e9e directe de cadres de cette formation, pour se d\u00e9faire de l\u2019un des leurs. On pr\u00e9tend combattre une ligne, mais on s\u2019y soumet d\u00e8s qu\u2019il s\u2019agit d\u2019\u00e9carter un camarade.\r<\/p><p>Il y a l\u00e0 une incoh\u00e9rence profonde : agir sous la dict\u00e9e de ce que l\u2019on affirme combattre, tout en pr\u00e9tendant, par le verbe et les discours, s\u2019en d\u00e9marquer.\r<\/p><p>Cette mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart, au demeurant, n\u2019\u00e9tait m\u00eame pas conforme aux r\u00e8gles statutaires. J\u2019aurais pu engager des proc\u00e9dures. Je ne l\u2019ai pas fait. Non par faiblesse, mais par fid\u00e9lit\u00e9. Parce que je ne suis pas proc\u00e9durier. Parce que j\u2019ai voulu continuer \u00e0 croire au Parti socialiste.\r<\/p><p>Au moment d\u00e9cisif, celle que j\u2019avais port\u00e9e n\u2019a pas choisi de me d\u00e9fendre. Elle a accept\u00e9 que l\u2019on m\u2019\u00e9carte, au nom d\u2019\u00e9quilibres dict\u00e9s par d\u2019autres, au nom d\u2019int\u00e9r\u00eats plus que de visions.\r<\/p><p>L\u00e0 o\u00f9 j\u2019attendais une fid\u00e9lit\u00e9 politique, j\u2019ai vu ressurgir une culture de l\u2019ex\u00e9cution : faire le \u00ab sale boulot \u00bb, offrir une t\u00eate sur un plateau pour pr\u00e9server des arrangements.\r<\/p><p>Plus douloureux encore : on m\u2019a rang\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 de ceux qui l\u2019avaient combattue, affaiblie, parfois humili\u00e9e. Comme si la loyaut\u00e9 n\u2019avait jamais exist\u00e9. Comme si mes engagements pour elle avaient \u00e9t\u00e9 effac\u00e9s.\r<\/p><p><h1><strong>La m\u00e9canique des appareils<\/strong><\/h1><\/p><p>En agissant ainsi, tout en me garantissant que mon r\u00f4le r\u00e9gional ne serait pas remis en cause, cette d\u00e9cision a ouvert une bo\u00eete de Pandore dont je mesure parfaitement la port\u00e9e. Je ne suis pas dupe. Ce qui a \u00e9t\u00e9 rendu possible ici, \u00e0 Grenoble, le deviendra demain \u00e0 l\u2019\u00e9chelle r\u00e9gionale, pour des raisons identiques ou \u00e0 peine reformul\u00e9es. Lorsqu\u2019on accepte qu\u2019un parcours soit ainsi effac\u00e9 pour des int\u00e9r\u00eats d\u2019appareil, on installe une m\u00e9canique qui ne s\u2019arr\u00eate jamais d\u2019elle-m\u00eame.\r<\/p><p>Je pourrais m\u2019abriter derri\u00e8re une psychologie \u00e0 deux balles, parler d\u2019usure, de fatigue, de d\u00e9ception ordinaire. Mais apr\u00e8s toutes ces ann\u00e9es, je dois regarder une chose en face : non seulement les m\u00e9canismes n\u2019\u00e9voluent pas, mais ils se durcissent. La duplicit\u00e9 est devenue plus efficace que la sinc\u00e9rit\u00e9, la man\u0153uvre plus rentable que la parole droite. Et malgr\u00e9 mon engagement, mes alertes, mes fid\u00e9lit\u00e9s, rien ne s\u2019est infl\u00e9chi.\r<\/p><p>J\u2019en fais aujourd\u2019hui un deuil suppl\u00e9mentaire : celui de l\u2019id\u00e9e que le temps, \u00e0 lui seul, corrige les d\u00e9rives. On apprend aussi, dans ces chemins-l\u00e0, qu\u2019il ne faut jamais trop s\u2019approcher de ses idoles. Car lorsqu\u2019on d\u00e9couvre l\u2019envers du d\u00e9cor, ce n\u2019est pas seulement une illusion qui tombe, c\u2019est une part de soi qui se d\u00e9tache.\r<\/p><p>Cela dit quelque chose de profond sur la mani\u00e8re dont, ici, on con\u00e7oit le pouvoir.\r<\/p><p>Derri\u00e8re les oppositions affich\u00e9es entre lignes locales, je per\u00e7ois d\u00e9sormais une m\u00eame culture politique : celle d\u2019anciens collaborateurs devenus professionnels de l\u2019appareil, pour qui la politique est d\u2019abord un m\u00e9tier, un espace de carri\u00e8re, un territoire \u00e0 verrouiller.\r<\/p><p>Dans ce monde-l\u00e0, certains peuvent rompre, man\u0153uvrer, affaiblir sans jamais \u00eatre rappel\u00e9s \u00e0 l\u2019ordre. Ce sont presque toujours les m\u00eames silhouettes : d\u2019anciens collaborateurs devenus experts en glissements, pour qui la politique n\u2019est plus une conviction mais une navigation. Ils traversent les lignes sans jamais les assumer, conservent leurs relais, leurs protections, leurs acc\u00e8s aux sommets. Ils ne tombent pas, ils se d\u00e9placent.\r<\/p><p>\u00c0 l\u2019inverse, celles et ceux qui parlent clair, qui s\u2019exposent, qui engagent leur parole enti\u00e8re, deviennent aussit\u00f4t fragiles, rempla\u00e7ables, ajustables.\r<\/p><p>Ainsi s\u2019installe une R\u00e9publique des couloirs, o\u00f9 l\u2019on punit la loyaut\u00e9 visible et o\u00f9 l\u2019on sanctuarise l\u2019habilet\u00e9 invisible. \u00c0 force de laisser entendre que certaines voix ne comptent plus dans les \u00e9quilibres du moment, on finit par d\u00e9placer les seuils. Ce qui aurait d\u00fb alerter devient tol\u00e9rable. Et, sans m\u00eame s\u2019en rendre compte, l\u2019inacceptable entre dans l\u2019ordre du possible.\r<\/p><p>Ce renversement-l\u00e0, plus que tout, mine la confiance et dess\u00e8che l\u2019id\u00e9al.\r<\/p><p><h1><strong>Les incoh\u00e9rences d\u2019une gauche qui se r\u00e9p\u00e8te<\/strong><\/h1><\/p><p>Dans ce paysage, les incoh\u00e9rences s\u2019accumulent.\r<br>On me reproche d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 candidat contre la France insoumise ; on m\u2019explique que mes oppositions \u00e0 la majorit\u00e9 municipale sortante ont \u00e9t\u00e9 \u00ab mal per\u00e7ues \u00bb, quand ces critiques visaient des m\u00e9thodes comparables \u00e0 celles que nous combattons en R\u00e9gion chez Laurent Wauquiez, y compris dans le champ culturel, comme au Th\u00e9\u00e2tre Pr\u00e9mol.\r<br>On tol\u00e8re chez \u00ab les n\u00f4tres \u00bb ce que l\u2019on condamne chez \u00ab les autres \u00bb.\r<\/p><p>On accepte des candidatures de derni\u00e8re heure issues du m\u00eame monde des collaborateurs, parfois du cercle le plus intime, plac\u00e9es haut sans d\u00e9bat, quand des parcours militants sont rel\u00e9gu\u00e9s.\r<\/p><p>\u00c0 cela s\u2019ajoute une autre inqui\u00e9tude : voir avec qui, et comment, le Parti socialiste se d\u00e9lite dans toute l\u2019agglom\u00e9ration grenobloise comme dans plusieurs villes de premi\u00e8re importance. Ce qui se pr\u00e9pare aujourd\u2019hui autour de la liste Ruffin n\u2019est, au fond, que la r\u00e9p\u00e9tition du m\u00eame sc\u00e9nario que celui que nous avons connu avec \u00c9ric Piolle : m\u00eames logiques, m\u00eames fermetures, m\u00eames certitudes d\u2019entre-soi.\r<\/p><p>Et c\u2019est peut-\u00eatre cela, le plus grave : ne rien apprendre de ce qui a d\u00e9j\u00e0 ab\u00eem\u00e9.\r<\/p><p>Au-del\u00e0 de l\u2019opportunisme, certaines alliances, certaines complaisances, certaines d\u00e9rives, malgr\u00e9 les mises en garde r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, pr\u00e9parent un avenir encore plus fragile, plus confus, plus vuln\u00e9rable aux extr\u00eames. On ne construit pas une esp\u00e9rance en accumulant les renoncements.\r<\/p><p><h1><strong>L\u2019illusion de la soci\u00e9t\u00e9 civile repeinte<\/strong><\/h1><\/p><p>Je regarde aussi, de l\u2019ext\u00e9rieur d\u00e9sormais, ce qui se dessine autour de la liste Ruffin. J\u2019accueille avec respect l\u2019id\u00e9e d\u2019ouvrir largement \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 civile. C\u2019est une promesse juste.\r<\/p><p>Mais une ville de 160.000 habitants, c\u0153ur d\u2019une intercommunalit\u00e9 de plus de 450.000 \u00e2mes, ne se gouverne pas seulement par l\u2019\u00e9lan. Elle exige de l\u2019exp\u00e9rience, du frottement, des voix qui ne pensent pas toutes \u00e0 l\u2019unisson.\r<br>Je viens moi-m\u00eame de la soci\u00e9t\u00e9 civile. J\u2019ai fait mon premier mandat en croyant que g\u00e9rer une ville relevait des m\u00eames logiques que diriger une entreprise ou une association. J\u2019ai appris que ce n\u2019\u00e9tait pas le cas. Gouverner une ville est un autre m\u00e9tier : il demande de composer avec des institutions, des inerties, des m\u00e9moires, des conflits d\u2019usage. Cela s\u2019apprend.\r<\/p><p>La soci\u00e9t\u00e9 civile est pr\u00e9cieuse, souvent experte, inventive.\r<\/p><p>Mais elle ne suffit pas \u00e0 elle seule.\r<\/p><p>Et je m\u2019inqui\u00e8te lorsqu\u2019appara\u00eet une autre tentation : celle de \u00ab repeindre \u00bb des professionnels de la politique en figures de soci\u00e9t\u00e9 civile. On extrait alors d\u2019anciens collaborateurs aguerris, on les d\u00e9politise en apparence pour les pr\u00e9senter comme venant \u00ab du peuple \u00bb. Cette mise en sc\u00e8ne n\u2019est pas honn\u00eate.\r<\/p><p>On a besoin d\u2019expertise politique. La masquer sous un vernis de nouveaut\u00e9 entretient une illusion.\r<\/p><p><h1><strong>Sans contradiction, pas de collectif vivant<\/strong><\/h1><\/p><p>La contradiction n\u2019est pas une faiblesse : elle est une force. Une \u00e9quipe n\u2019avance vraiment que lorsqu\u2019elle accepte d\u2019\u00eatre travers\u00e9e par des d\u00e9saccords loyaux.\r<\/p><p>\u00c0 force de ne rassembler que des \u00e9vidences ou des silences, on fabrique des listes de semblables, l\u00e0 o\u00f9 il faudrait b\u00e2tir des collectifs capables de tenir la complexit\u00e9 du r\u00e9el.\r<\/p><p>Je m\u2019inqui\u00e8te, non par d\u00e9fiance, mais par exigence : car rien n\u2019est jamais jou\u00e9, et l\u2019histoire nous a d\u00e9j\u00e0 appris combien une victoire annonc\u00e9e peut devenir une d\u00e9faite quand on confond enthousiasme et solidit\u00e9.\r<\/p><p><h1><strong>Quand les discours ne tiennent plus les actes<\/strong><\/h1><\/p><p>Dans ce contexte, nous aimons parfois discourir sur les maux du temps, sur la mont\u00e9e des \u00e9go\u00efsmes, sur les d\u00e9rives du monde. Mais la coh\u00e9rence commence chez soi. Il est vain de d\u00e9noncer ce que l\u2019on reproduit \u00e0 bas bruit dans ses propres pratiques. La morale publique ne vaut que si elle se traduit, d\u2019abord, dans nos mani\u00e8res d\u2019agir.\r<\/p><p>Il y a, dans certains discours, une attention proclam\u00e9e \u00e0 la sant\u00e9 mentale, au respect des personnes, au soin que l\u2019on doit aux autres. Toute une rh\u00e9torique de l\u2019humanisme contemporain, souvent sinc\u00e8re dans les mots, parfois m\u00eame brillante.\r<\/p><p>Mais trop souvent, dans les faits, ces principes s\u2019\u00e9vanouissent d\u00e8s qu\u2019ils deviennent contraignants.\r<\/p><p>On parle d\u2019humanit\u00e9, mais on agit avec duret\u00e9.\r<\/p><p>On invoque la bienveillance, puis on laisse s\u2019installer des pratiques de mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart, de disqualification silencieuse, parfois de brutalit\u00e9 feutr\u00e9e.\r<\/p><p>Et ce qui me trouble le plus, c\u2019est de voir combien, dans cette gauche-l\u00e0, les fractures humaines deviennent, pour certains, un capital moral, politique, trop souvent m\u00eame, une rente. On se drape dans l\u2019empathie, on capitalise sur la souffrance, mais on oublie de regarder comment on traite, concr\u00e8tement, celles et ceux qui sont \u00e0 port\u00e9e de main.\r<br>Ce d\u00e9calage est destructeur.\r<\/p><p>Je ne supporte plus cette logique du \u00ab faites ce que je dis, pas ce que je fais \u00bb. Nous avons assez de responsables qui parlent haut de solidarit\u00e9, de dignit\u00e9, de respect la main sur le c\u0153ur, et qui, dans leurs pratiques concr\u00e8tes, se comportent parfois de mani\u00e8re pire que d\u00e9testable, voire destructrice.\r<\/p><p>Cette dissonance n\u2019est pas seulement morale : elle produit des d\u00e9g\u00e2ts humains. Elle ab\u00eeme les personnes, elle use les engagements, elle alimente le d\u00e9couragement. Et elle finit par rendre nos mots creux.\r<\/p><p><h1><strong>Une parole qui d\u00e9range<\/strong><\/h1><\/p><p>Parmi les griefs formul\u00e9s \u00e0 mon encontre, il y a aussi, de mani\u00e8re plus ou moins avou\u00e9e, ma mani\u00e8re d\u2019aborder les questions de pr\u00e9vention et de s\u00e9curit\u00e9.\r<\/p><p>J\u2019assume de ne pas partager une vision qui \u00e9vite le r\u00e9el.\r<br>J\u2019ai toujours d\u00e9fendu une approche de gauche qui articule humanit\u00e9 et fermet\u00e9, protection et responsabilit\u00e9, accompagnement et exigence. Cette ligne-l\u00e0, je l\u2019ai port\u00e9e ici comme en R\u00e9gion. Elle n\u2019est ni s\u00e9curitaire, ni complaisante. Elle est simplement lucide.\r<\/p><p>Qu\u2019elle d\u00e9range dit moins ce que je suis que ce que certains refusent encore de regarder.\r<\/p><p><h1><strong>Le silence comme mode de gouvernement<\/strong><\/h1><\/p><p>J\u2019ai la pr\u00e9tention de croire que j\u2019ai servi mon groupe r\u00e9gional avec loyaut\u00e9 ; et j\u2019ai soutenu sa pr\u00e9sidente avec une constance qui ne s\u2019est jamais d\u00e9mentie, m\u00eame lorsque le silence aurait \u00e9t\u00e9 plus confortable. Il m\u2019est arriv\u00e9 pourtant de sentir que cette fid\u00e9lit\u00e9 ne rencontrait pas toujours la m\u00eame r\u00e9ciprocit\u00e9.\r<\/p><p>L\u00e0 encore, ce sont les voix venues de Paris &#8211; ou de Montreuil &#8211; qui finissent par l\u2019emporter sur l\u2019exp\u00e9rience v\u00e9cue ici, relay\u00e9es par des collaborateurs dont la parole vaut surtout par leurs r\u00e9seaux. Leur cr\u00e9dibilit\u00e9 ne tient pas \u00e0 ce qu\u2019ils vivent, mais \u00e0 qui ils connaissent.\r<\/p><p>Les choix ne naissent plus du terrain : ils se moulent ailleurs, l\u00e0 o\u00f9 se tiennent les positions, au d\u00e9triment de celles et ceux qui agissent r\u00e9ellement.\r<\/p><p>Ce n\u2019est pas un grief, c\u2019est un constat : dans nos organisations, la g\u00e9ographie de l\u2019\u00e9coute n\u2019est pas toujours celle du r\u00e9el.\r<\/p><p>J\u2019ai aussi souhait\u00e9, \u00e0 plusieurs reprises, \u00e9changer calmement avec Pierre Jouvet pour poser ces sujets avec loyaut\u00e9 et s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. Les rendez-vous ont \u00e9t\u00e9 diff\u00e9r\u00e9s, puis report\u00e9s, jusqu\u2019\u00e0 ce que mes messages restent sans r\u00e9ponse.\r<br>Or, dans ce monde, le silence n\u2019est jamais neutre. La non-r\u00e9ponse est une r\u00e9ponse. Elle r\u00e9v\u00e8le comment, dans les \u00e9quilibres du moment, certaines paroles cessent d\u2019\u00eatre per\u00e7ues comme dignes d\u2019\u00eatre entendues.\r<\/p><p><h1><strong>Ce que ces \u00ab petites choses \u00bb produisent<\/strong><\/h1><\/p><p>Je sais bien que je ne suis qu\u2019une voix parmi d\u2019autres dans le tumulte du monde politique. Mais je sais aussi que je ne parle pas seul.\r<\/p><p>Je m\u2019inscris dans cette multitude discr\u00e8te de femmes et d\u2019hommes engag\u00e9s, sinc\u00e8res, souvent utiles, parfois imparfaits, qui tiennent debout ce que d\u2019autres ne font qu\u2019administrer. Celles et ceux dont la parole p\u00e8se peu dans les c\u00e9nacles, mais dont la pr\u00e9sence n\u2019a pour seule pr\u00e9tention que de continuer \u00e0 donner un sens \u00e0 l\u2019engagement.\r<\/p><p>Ce sont ces \u00ab petites choses \u00bb, accumul\u00e9es, qui finissent par devenir immenses. Ce sont ces d\u00e9ceptions ordinaires, r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, qui fabriquent les grandes d\u00e9saffections.\r<br>Lorsqu\u2019elles sont trait\u00e9es avec l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 ou m\u00e9pris, elles deviennent des fractures. Et lorsqu\u2019elles s\u2019installent, elles ab\u00eement durablement la confiance, la parole publique et le sens m\u00eame de l\u2019engagement.\r<\/p><p><h1><strong>Le prix de la parole libre<\/strong><\/h1><\/p><p>Mon engagement n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 sans prix. Il m\u2019a souvent co\u00fbt\u00e9, et me co\u00fbte encore, y compris sur le plan professionnel. Je ne l\u2019ai jamais brandi comme un sacrifice, ni comme un m\u00e9rite. C\u2019est simplement la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019une parole libre dans un monde qui pr\u00e9f\u00e8re les profils lisses aux consciences debout.\r<\/p><p>Je sais d\u00e9sormais, et cela m\u2019a \u00e9t\u00e9 dit sans d\u00e9tour, que certaines prises de position ferment durablement des portes. Non par faute, non par incomp\u00e9tence, mais parce que ma mani\u00e8re d\u2019\u00eatre, de parler, de m\u2019engager, d\u00e9range.\r<br>Et bien s\u00fbr, rien n\u2019est \u00e9crit, rien n\u2019est formalis\u00e9. Tout se joue dans l\u2019implicite, dans ces zones grises o\u00f9 l\u2019on comprend tr\u00e8s bien ce que l\u2019on ne vous dira jamais officiellement.\r<br>Je pourrais me taire. Je pourrais m\u2019adapter. Je pourrais lisser ce que je suis pour redevenir \u00ab compatible \u00bb.\r<\/p><p>Mais ce serait renoncer \u00e0 l\u2019essentiel.\r<\/p><p>J\u2019ai toujours accept\u00e9 que l\u2019engagement ait un co\u00fbt. Ce que je ne peux accepter, en revanche, c\u2019est qu\u2019on en vienne \u00e0 consid\u00e9rer comme normal qu\u2019une parole libre doive \u00eatre socialement ou professionnellement contenue.\r<\/p><p>Ce glissement-l\u00e0 est dangereux. Il ne touche pas qu\u2019\u00e0 des trajectoires individuelles : il ab\u00eeme la d\u00e9mocratie elle-m\u00eame.\r<\/p><p>Ce sont souvent, d\u2019ailleurs et encore, les anciens collaborateurs qui ma\u00eetrisent la g\u00e9ographie invisible du pouvoir. Ils savent o\u00f9 frapper, \u00e0 qui parler, quand se taire. Form\u00e9s dans l\u2019ombre des \u00e9lus, ils ont appris que l\u2019essentiel ne se joue pas toujours l\u00e0 o\u00f9 l\u2019on d\u00e9bat, mais l\u00e0 o\u00f9 l\u2019on chuchote.\r<\/p><p>Ce qu\u2019ils obtiennent ensuite est souvent mis en sc\u00e8ne comme une ascension conquise, quand il s\u2019agit surtout d\u2019un art consomm\u00e9 du passage de relais, de l\u2019entre-soi, de la dette silencieuse. Le r\u00e9cit du m\u00e9rite masque alors la m\u00e9canique des proximit\u00e9s.\r<\/p><p><h1><strong>Tirer les cons\u00e9quences<\/strong><\/h1><\/p><p>J\u2019en ai tir\u00e9 les cons\u00e9quences.\r<br>Je choisis de m\u2019\u00e9carter, au moins temporairement, de toute activit\u00e9 interne au Parti socialiste et de l\u2019ensemble de ses instances locales. Ce retrait est respectueux, mais ferme. Il ne vaut ni reniement de mes valeurs, ni abandon de ce que je suis. Il est le temps que je me donne pour observer si la critique interne peut encore y \u00eatre entendue, ou si le processus de m\u00e9pris et d\u2019entre-soi continuera de s\u2019amplifier.\r<\/p><p>Je me retire \u00e9galement de ma fonction de porte-parole du groupe r\u00e9gional. Ma parole a r\u00e9cemment fait l\u2019objet d\u2019excuses publiques du groupe \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019une majorit\u00e9 qui, \u00e0 mes yeux, n\u2019en m\u00e9rite aucune. Ce qui me heurte encore, c\u2019est que la parole de la majorit\u00e9 ait pr\u00e9valu d\u2019embl\u00e9e, sans que soit r\u00e9ellement interrog\u00e9 l\u2019\u00e9cart entre ce que j\u2019avais \u00e9crit et ce qu\u2019elle d\u00e9clarait.\r<\/p><p>D\u00e8s lors que ce que je dis peut \u00eatre ainsi d\u00e9savou\u00e9, je ne peux repr\u00e9senter un collectif. Je m\u2019\u00e9carte donc pour ne plus \u00eatre contraint de choisir entre le silence et la dissonance.\r<\/p><p>Ainsi, je demeure libre, et je pr\u00e9serve les autres de cette libert\u00e9.\r<\/p><p>\u00c0 cet instant, je demeure encore techniquement membre du groupe r\u00e9gional.\r<\/p><p>Non par habitude, ni par confort, mais parce que je veux croire qu\u2019un \u00ab nous \u00bb reste possible, m\u00eame lorsqu\u2019il vacille.\r<\/p><p>Parce que je refuse l\u2019id\u00e9e que la minorit\u00e9 serait, par nature, une faute, et que le silence vaudrait toujours sagesse. Je veux encore croire qu\u2019une voix isol\u00e9e peut \u00e9clairer, que l\u2019on peut se tromper ensemble, mais aussi avoir raison contre tous. Cette fid\u00e9lit\u00e9-l\u00e0 n\u2019est pas une faiblesse : elle est ma mani\u00e8re de ne pas renoncer trop vite \u00e0 l\u2019esp\u00e9rance.\r<\/p><p>Je ne suis pas fait pour les collectifs abstraits, pour les appartenances sans chair. Je ne sais pas travailler dans un espace o\u00f9 la relation se vide de sa substance.\r<\/p><p>Cet attachement, je le porte sinc\u00e8rement. Je ne sais pas encore s\u2019il est partag\u00e9. Je le saurai bient\u00f4t.\r<\/p><p>Car il est des moments o\u00f9 les absences, les effacements, les regards qui se d\u00e9tournent deviennent eux-m\u00eames des d\u00e9cisions. Et si je d\u00e9couvre que ce lien ne tient plus que d\u2019un seul c\u00f4t\u00e9, alors je prendrai mes responsabilit\u00e9s, sans d\u00e9tour.\r<\/p><p>Parce que je cherche simplement \u00e0 rester en accord avec moi-m\u00eame, f\u00fbt-ce au prix d\u2019une solitude assum\u00e9e.\r<\/p><p>Je tiens n\u00e9anmoins \u00e0 dire mon respect \u00e0 celles et ceux qui, au sein de ce groupe, ont su rester fid\u00e8les \u00e0 une parole exigeante. \u00c0 celles et ceux qui ont continu\u00e9 de parler avec droiture quand il aurait \u00e9t\u00e9 plus simple de se taire, et qui ont choisi la coh\u00e9rence plut\u00f4t que le confort. Leur pr\u00e9sence rappelle qu\u2019au-del\u00e0 des fonctionnements d\u2019appareil, il existe encore des femmes et des hommes pour qui l\u2019engagement politique demeure une affaire de responsabilit\u00e9 et de fid\u00e9lit\u00e9.\r<\/p><p>Je reste un homme de gauche, socialiste, fid\u00e8le aux combats qui m\u2019ont construit.\r<\/p><p>Mais je ne crois plus que ces cadres-l\u00e0 permettent encore de les porter avec sinc\u00e9rit\u00e9.\r<\/p><p>Je ne renonce pas \u00e0 l\u2019avenir.\r<\/p><p>Je renonce \u00e0 l\u2019illusion.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ch\u00e8res et chers camarades,\n<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019heure des messages courts et des pens\u00e9es h\u00e2tives, ce texte peut sembler long. Et il l\u2019est. Mais ce que j\u2019ai \u00e0 dire ne tient pas dans un soupir. 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