La vertu des désillusions
Depuis plusieurs semaines, beaucoup me demandent quelle sera ma position pour les municipales et si je donnerai une consigne de vote.
Depuis plusieurs semaines, beaucoup me demandent quelle sera ma position pour les municipales et si je donnerai une consigne de vote.
Je n’ai aucune complaisance pour les idées que défendait Quentin. Ce que porte Némésis est à l’opposé de mes convictions. Je les combats intellectuellement, politiquement, sans hésitation…
Je viens de lire dans Le Parisien que Alice Coffin ne sera plus conseillère à Paris, son nom ayant été rayé des listes.
Il est des réalités que l’on connaît depuis longtemps, mais que l’on préfère tenir à distance, comme si le simple fait de les nommer allait fissurer l’ordre fragile de nos certitudes.
Cela fait des années que l’affaire Jeffrey Epstein est connue. Des années que des journalistes, des magistrats, des associations, et surtout des victimes alertent. Rien de tout cela n’est nouveau. Ce qui l’est, en revanche, c’est l’intensité récente, la masse soudaine de documents, d’archives, de récits, livrés presque sans respiration, comme une vague continue.
À Grenoble, la justice et les forces de l’ordre ont mené un travail remarquable. Long, rigoureux, méthodique.
Je ne veux pas rejouer les Cassandre. Ni me poser en prophète de malheur. Mais ce qui se met en place aujourd’hui, je le dis depuis près de dix ans : la droite dite républicaine ne se contente plus de flirter avec les thèses de l’extrême droite, elle prépare les conditions d’une union assumée, locale comme nationale.
Chères et chers camarades,
À l’heure des messages courts et des pensées hâtives, ce texte peut sembler long. Et il l’est. Mais ce que j’ai à dire ne tient pas dans un soupir. Il a besoin d’espace pour rester juste.
Je voulais revenir sur ce fait divers de Minneapolis parce qu’il ne raconte pas seulement une mort : il raconte une époque. Une société où la violence d’État n’est plus seulement un risque exceptionnel mais un instrument politique, et où la bataille décisive commence après le tir : dans la fabrication du récit.
Ne pas oublier son nom.
Ne pas laisser son nom se dissoudre dans le bruit du monde.
Ne pas ajouter de l’oubli à l’oubli.
À Téhéran, une femme approche une flamme d’un visage sacralisé, et c’est tout un ciel de mensonges qui commence à se consumer. Ce n’est pas un outrage. C’est une délivrance.
Ce soir, je ne vous souhaite rien.
Et ce n’est ni de la froideur, ni du mépris.
C’est un refus.
Sollicité, questionné, parfois bousculé ces derniers jours, je préfère éclaircir les choses une bonne fois pour toutes plutôt que de répéter les mêmes explications. Alors je vais dire ce qu’il en est, tel que je le perçois, et en espérant parfois me tromper, et pourquoi tout cela a aujourd’hui du sens pour moi. Sans détour.
Il est des silences qui en disent long, et des subventions qui parlent plus fort que mille discours.
Que Boualem Sansal soit menacé de dix ans de prison par la justice algérienne pour ses écrits est profondément choquant.
Il faut écouter, et surtout réécouter, l’intervention de Jérôme Guedj. En entier.